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Genèse de la troupe
Cyrille CHABRIER : 1er chef de la troupe Saint Paul de l’automne 1998 au printemps 2001
Automne 1998. L’abbé Patrick Verdet tourne et tourne dans la salle des pas perdus du prieuré. Pour faire une troupe, mon Dieu que c’est long… Les ingrédients : d’abord des scouts. L’abbé les a sous la main. Cinq comme les cinq doigts de la main. Quatre familles, des parents fiables et décidés. Hugues et Raymond, Jean, Thomas, François. Ensuite des chefs. L’abbé les trouve : un Cadet de France, comme lui, Cyrille, Parisien étudiant à Grenoble. François-Régis, Charentais étudiant, lui, à Lyon, et équipé d’une Super 5 rouge qui deviendra un emblème de la troupe. Enfin une association qui accepte une nouvelle petite troupe, marine qui plus est, quelques mois après le drame de Perros-Guirec. L’association des Cadets de France est en cours de dissolution. Celle des scouts et guides catholiques ne veut ou ne peut pas se lancer dans l’aventure. Messieurs Olagnon et Degraix nous accueillent les bras ouverts dans leur petite association des Scouts Godefroy de Bouillon. C’est parti !
Printemps 1999. Première sortie, ambiance fraîche et familiale. L’abbé ne s’énerve plus dans son atelier, il nous transporte à droite et à gauche, nous exhorte, nous confesse… Des sorties du samedi au dimanche midi, un petit camp de Pâques, une fête de fin d’année avec les parents. Nous sommes accueillis par les parents de scouts et d’autres hôtes généreux, la Vautière déjà… D’anciens scouts lyonnais nous aident, Madame Gensou coud des foulards et un baussant qui rend encore jaloux toutes les troupes de France et de Navarre…
Eté 1999. Quel camp d’été organiser ? Une dure décision : nous nous joindrons aux Parisiens qui partent trois semaines à Compostelle, autant dire à l’autre bout du monde. Seuls deux scouts sur cinq seront de la partie. La « troupette » subit quelques quolibets, mais fait bonne figure, moins martiale mais simple et généreuse. Les Lyonnais font leurs preuves et sont tapis dans l’ombre : petite troupe deviendra grande…
Automne 1999 : rentrée de la troupe, le club des cinq est à nouveau réuni. Cette année sera celle de la consolidation des bases : nombreuses sorties, dont une à la voile… Un vrai camp de Pâques.
Eté 2000 : pari gagné ! Jean et Philippe nous ont rejoints, nous formons un équipage libre indépendant au camp des Parisiens en Bretagne. Raymond commence ses nombreuses années de chef d’équipage. Honneur à lui ! Cyrille et François-Régis laissent cette petite troupe de sept scouts à Mike et Amélien. Ce vaisseau est encore une barque, mais elle vogue solidement et le Capitaine sait où il va. I have a dream, aurait murmuré l’abbé Verdet. Merci Monsieur l’abbé pour cette belle réalité !
Apogée
Mike VILLEGAS : la touche latine – Automne 2000 – Automne 2003
Mes premiers pas dans le scoutisme et mes débuts dans la Troupe n’ont pas été banals mais néanmoins déterminants et inoubliables. Peu banal d’être initié dans la Troupe par Cyrille Chabrier, son acolyte François-Régis Meugniot et l’abbé Verdet ; des anciens Cadets… pas commun de participer au lancement d’une si belle œuvre que le scoutisme catholique de tradition à Lyon…. Et encore moins habituel de se retrouver à peine quelques mois plus tard Chef de Troupe ! Et pour continuer dans des procédés « non communs» je commencerai par les remercier tous les trois pour leur générosité et leur ténacité ; pour avoir été à l’origine de cette troupe dont nous avons la chance de fêter les 10 ans aujourd’hui. Les premières années sont toujours difficiles mais ô combien importantes pour la pérennisation et le développement de la Troupe…
Septembre 2000 : après un superbe camp avec la Troupe Saint Louis de Paris à Guérande, Cyrille et François-Régis m’apprennent qu’ils quittent Lyon. En Septembre 2000, après la cérémonie de passation, je deviens le nouveau Chef de Troupe, c’est avec honneur et fierté que je l’accepte.
Avec M. L’abbé Verdet nous cherchons à lancer une nouvelle maîtrise et nous faisons appel à Amélien Bayle qui sera mon assistant de choc. Il nous rejoint en provenance des scouts Saint Louis de Lyon et, à cette occasion, il troque sa tarte pour notre beau bachi. Aujourd’hui je me demande si sa tarte et son piolet ne sont pas tombés dans une malle que j’aurais mal inspectée… et notre chère Troupe St Paul est maintenant parée pour gravir les plus beaux sommets ! Eh bien en AVANT !
L’année se déroule à merveille, nos sorties mensuelles s’organisent en fonction des week-ends des pensionnaires, les agendas sont parfois difficiles pour les familles. Mais la force de la troupe Saint Paul, ce sont ses familles, qui ont toujours été d’un soutien immense. Rassurant pour un Chef de Troupe de sentir cette unité, autour de l’abbé, autour du Prieuré et de la messe … réconfortant de savoir que tous nous avons conscience de la nécessité de la beauté d’un scoutisme catholique qui sauvegarde et transmet nos valeurs à nos jeunes et à nos enfants.
Notre unité Marine est toujours en phase d’aguerrissement mais l’esprit de la troupe existe déjà : de la conviction dans nos choix et de l’ardeur dans nos actions se traduit en générosité ; simplicité ; camaraderie ; noblesse de cœur ; enthousiasme. Elle est belle notre Troupe !
L’année écoulée, et forts de nos deux petits équipages, nous partons en Juillet 2001 rejoindre les Cadets de Paris à Villers Sur Mer. Merveilleux camp en radeau où nos mousses sont vaillants et combatifs et représentent fièrement le groupe marin de Lyon.
Septembre 2001 : la période des changements, du développement et du début de la maturité.
M. l’Abbé Verdet est muté, Hugues Guérin, chef d’équipage historique de la Troupe rejoint notre maîtrise, la troupe hérite grâce à Amélien de « Léon », camion mythique utilitaire d’après guerre, qui deviendra un véritable emblème de troupe.
Notre nouveau prieur s’aperçoit que la troupe est mûre pour le grand jeu le plus réaliste de son histoire. Plus vrai que vrai, il a pour thème Le chat et les souris. Les scouts devront d’abord trouver un nouveau QG, ce sera la planque Liberté, gracieusement mise à disposition par la famille Guérin. Ils seront amenés à contrôler de nouveaux terrains d’action (et d’oraison), d’Ambérieu d’Azergues à Unieux en passant par Morgon. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, et sous la houlette vigoureuse de leur chef, les souris gardent le terrain et creusent leurs galeries en attendant des jours plus cléments.
M. L’abbé Boubée arrive providentiellement en début de partie et nous assure l’aumônerie. Pour certains WE où il ne peut être présent ce sont les capucins de Morgon qui veilleront sur nos âmes !
De par son expérience absolument unique d’éducateur et d’aumônier scout, l’abbé Boubée nous apporte à la fois profondeur spirituelle et une noblesse d’âme et de cœur propre à l’esprit chevaleresque d’un Groupe Scout Catholique.
Automne 2001. L’identité de la Troupe est désormais bien réelle, en plus de notre esprit scout bien spécifique, une âme s’est forgée. M. l’abbé Boubée nous a escortés spirituellement et matériellement pour contribuer à la façonner ! J’en suis le premier témoin et le premier bénéficiaire. C’est le début de la maturité et l’arbre porte déjà de beaux fruits….
Les activités se multiplient, sorties à skis, camps de Haute Equipage (HE) et voile, WE au club nautique de Anse, grand jeu avec nos amis les scouts Saint Louis, vente de vin chaud le 8 décembre, pour la fête de l’Immaculée Conception, activités avec les louveteaux. Notre Groupe Marin est aussi présent sur tous les évènements majeurs de la Tradition organisés dans le doyenné et au niveau national.
Nous sommes de plus en plus connus et reconnus lorsque nous débarquons en chantant à tue-tête notre chant de troupe des Cadets du Lyonnais « La Ligue Noire » et lorsque tous à l’unisson nous répondons « PARES ! » lors d’un rassemblement. Notre Troupe Marine a fière allure, les effectifs enflent et les uniformes n’y sont certes pas pour rien, j’en conviens, ils sont splendides !
Juillet 2002 : nous sommes si nombreux que nous organisons notre 1er camp autonome, nos chers amis les Cadets de France de Bordeaux se joignent à nous. Et quel camp mes amis !!!
Inoubliable, mythique : une maîtrise novice et quatre énormes équipages, nous voilà bien haut perchés dans les Pyrénées espagnoles, au beau milieu d’un cadre splendide et exceptionnel pour des moments inoubliables : Grands jeux, Kayak, Canyoning, Olympiades, installations superbes, raids somptueux, et une cérémonie de promesse des plus majestueuses en nocturne où les mots lancés par Monsieur l’abbé Boubée résonnaient et étaient repris par l’écho au beau milieu de cette cathédrale naturelle…. Une cérémonie interrompue par un orage, ô combien somptueuse…
Le premier camp c’est aussi : le pèlerinage de début de camp au château de naissance de Saint François Xavier entre l’Aragon et la Navarre (retour sur les traces du premier camp d’été de la troupe), un passage des plus remarqués des scouts marins au milieu d’une masse blanche et rouge aux fêtes de Pampelune pour la Saint Firmin, ce qui nous a valu de belles parutions dans les journaux espagnols. C’est encore et seulement onze inspections de notre lieu de camps, quatre-vingts kilomètres aller puis retour de notre intendant Jean Romain pour ravitailler nos mousses affamés et c’est aussi un pied cassé, celui de Bruno de Sivry qui a tenté d’amortir notre mât assurément gigantesque…
Nous repartons revigorés et pleins d’entrain pour une nouvelle année, notre Groupe Marin ne cesse de se développer avec une maîtrise qui est désormais plus expérimentée. Nous accueillons également dans nos effectifs un groupe marin indépendant de Reims rattaché à la Troupe Saint Paul et un groupe marin de Saint Joseph des Carmes qui par la suite rejoindra logiquement nos amis les Cadets de Bordeaux…
Juillet 2003 : Le camp d’été se déroule prêt d’Ancenis, nous sommes à ce moment la troupe et le camp scouts les plus nombreux de la Tradition : pas moins de 6 équipages !!! La troupette est devenue grande et même plus que la troupe Saint Louis de Paris ! Nous recevons la visite de MM. Degraix et Olagnon qui viennent visiter leurs mousses et l’une des forces de cette Troupe c’est que malgré son développement, elle est restée familiale.
A la rentrée 2003 je passe le flambeau lors de la cérémonie de passation à mon cher ami Jean Benoît de Lacoste, un Cadet de France de Paris devenu étudiant à Grenoble ; notre chère Troupe Marine est lancée, elle est entre de très bonnes mains.
Merci à tous…. à l’association des Scouts Godefroy de Bouillon et son dévouement absolu (M. Degraix, M. Olagnon, M. Delorme), à MM. Les abbés Verdet et Boubée, aux capucins de Morgon, à toutes les familles proches de la Troupe Saint Paul et particulièrement à Messieurs et Mesdames Colas, Patout, Porcher, Guérin ; mes chers Parents ; et à tous ceux qui ont contribué au développement de la Troupe, je ne peux citer tout le monde mais merci à tous…
Que VIVE LA TROUPE SAINT PAUL !!! NOTRE DAME MONTJOIE !!!!!!
Hermine D.
Jean-Benoît de LACOSTE : l’appel aux puissances alliées – Automne 2003 – Automne 2005
Résumer 2 années passées à la tête de la Troupe St Paul est un exercice à la fois difficile et enthousiasmant tellement ces mois furent riches et formateurs pour l’étudiant grenoblois que j’étais, en charge de cette jeune Troupe crée et façonnée de main de maître par Cyrille Chabrier et Mike Villegas les années précédentes.
Tout a donc commencé par un appel, sous la pression bienveillante de ce cher Michel Olagnon, de Mike Villegas et d’Hughes Guérin me demandant d’accepter la lourde tâche de reprendre cette mission d’éducation à la tête de cette jeune, simple et enthousiaste Troupe St Paul. J’avais eu la chance de connaître ces chefs lors de nos camps scouts avec les Cadets parisiens. En effet les Lyonnais ont fini par tirer la substantifique moelle du scoutisme catholique des Parisiens en en rejetant les excès et en se forgeant une nouvelle identité propre. Mike me donna sa chemise d’uniforme et un flambeau en de très bonnes conditions au prieuré de Lyon une journée de septembre 2003. La mission confiée était clairement de poursuivre la maturité de cette jeune Troupe en profitant de mon expérience de chef.
Très efficacement secondé par Amélien Bayle et les 2 frères complémentaires Guérin : Hugues et Raymond (qui après quelques hésitations entre le MJCF et le cercle de jeunes lyonnais opta à 200% pour le dévouement au sein de la Troupe Saint Paul), nous nous sommes efforcés d’organiser nos activités en gommant mon éloignement et la distance entre Grenoble et Lyon. C’est grâce à l’accueil des Lyonnais et aux conseils avisés des parents dévoués que cette entreprise fut possible : merci donc à l’abbé Boubée, aux Colcomb, Villegas, Colas, Patout et tous les autres…
Nous avons eu la chance de voir la Troupe grandir et de pouvoir parcourir les plus belles régions françaises au cours de ces 2 années et de ces camps.
La première année nous a mené tout d’abord au prieuré de Grenoble pour le HE avec notamment en point d’orgue la fixation d’une croix fabriquée par le HE au sommet d’une montagne : symbole du courage et de l’esprit missionnaire qui doivent nous animer. Le camp de Pâques nous fit découvrir à vélo le charme de l’île de Ré vidée de ses touristes et le bateau au large de la Flotte en Ré. Le camp d’été enfin nous emmena dans les vignes bordelaises pendant 3 semaines avant de finir en pèlerinage à St Jacques de Compostelle sur les traces des 2 chefs de Troupe précédents…Ce fut un moment magnifique de prière et d’aventure sur les routes espagnoles aidé de la troupe bordelaise et ses assistants de chocs (Benoît de Lapasse & Florent Gautier notamment) et de l’abbé Boubée qui a pu nous célébrer la messe quotidienne et a immortalisé ces moments en photos et en vidéos ! L’arrivée triomphale en uniforme impeccable sous la pluie battante dans les rues de St Jacques est un souvenir inoubliable !
La rentrée fut l’occasion de se réjouir de l’entrée d’un de nos CE au séminaire : Jean de Loÿe suivi par Romain Tardy puis par Raymond Guérin : quelle plus belle récompense pour une Troupe que de compter dans ses rangs les prêtres de demain qui prieront pour elle tous les jours à la messe ou du haut du ciel…
Hugues Guérin prit la tête de la Troupe pendant mes quelques mois d’expérience de commerce international suédois. Un prochain camp d’hiver en Laponie serait une belle expérience pour cette nouvelle Troupe Alpine : avis aux amateurs…
Le camp d’été couronna cette seconde année avec des effectifs nombreux (7 équipages : 4 Lyonnais, 2 Bordelais et 1 Rémois) et une maîtrise complète et très efficace chez M et Mme Guillotel en Bretagne. Bilan de ce camp breton : une semaine de voile sur la Rance, des installations de bon niveau, la découverte de la région en raid, et une voiture « plantée» aussitôt remplacée par un don du prieuré de Lanvallay : une superbe BX ramené par Odoric Porcher !
L’abbé Aldalur, arrivé dans les valises de l’abbé Boubée, découvrit à cette occasion le vrai scoutisme catholique légué par le Père Sevin et le voilà maintenant à la tête du groupe de Versailles de Notre Dame de l’Espérance : un vrai tremplin de carrière cette Troupe !
Des journalistes en mal d’actualités sont venus faire un petit reportage photos sur notre camp, ce qui nous permit de tester notre réactivité parfaite vis-à-vis d’un passage impromptu d’un potentiel inspecteur… nous étions prêts !
Un grand méchoui mené de main de maître par Simon de Camaret et Hughes Guérin autour de 2 gros moutons clôtura ce camp : le Colonel Le Conte permit à 2 de nos chefs d’équipage (CE) de s’aguerrir en attrapant les 2 moutons dans son pré avant de devoir leur trancher la gorge : ce ne fut pas si simple et la maîtrise vint aider nos 2 hésitants … Cela nous permit de remercier nos bienfaiteurs parmi lesquels notamment les Le Conte et les Guillotel ainsi que le chef de rayon du supermarché où notre intendant Louis Cyr Durand passa plusieurs heures pour nourrir cette belle Troupe !
La réunion qui suivit la messe de rentrée fut l’occasion de visionner le film du camp et de se remémorer les bons souvenirs ainsi que de passer le flambeau à Louis de Sivry : à la suite du camp et pour trouver un nouveau chef l’abbé Boubée mit le HE en prière et Louis de Sivry, pilier historique de la Troupe de Bordeaux, fut admis en école à Lyon le dernier jour de la neuvaine… devant ce signe de la Providence l’avenir de la Troupe était en de bonnes main et sous une bonne étoile.
Ces 2 années furent donc des plus formatrices et passionnantes et m’ont, je l’espère, permis de rendre un peu tous les bienfaits que j’ai reçus du scoutisme depuis tant d’années ! Un grand merci à tous, longue vie aux Alpins et RDV dans 10 ans !
Louis de SIVRY : un autre souffle – Automne 2005 – Automne 2006
La troupe venait de vivre deux très belles années accompagnée de Jean-Benoît, chef dévoué et ô combien efficace. Sa succession n’a donc pas été évidente d’autant plus que, comme lui, je découvris une nouvelle ville. J’arrivais de Bordeaux et de sa troupe avec son esprit particulier. Cet esprit était « fraternel », les mauvaises langues diront « rigoureux ». Ceci dénotait un peu de celui de Lyon. Les liens qui unissaient la troupe Saint Paul était davantage « paternels ».
Les chefs, du second d’équipage au chef de troupe, avaient un énorme dévouement pour leur scout. C’est cet élément qui m’aura le plus marqué dans cette troupe que j’ai essayé de servir en m’inspirant des précédents chefs de troupe, mais probablement avec beaucoup moins de tact et de talents. J’ai été frappé par l’attachement des chefs d’équipage à leurs scouts et ce sentiment partagé par les scouts.
La présence de l’abbé Boubée est vraisemblablement centrale dans la constitution de cet état d’esprit. Il a été le conseiller spirituel qui nous a fait de véritables chevaliers chrétiens des temps modernes. Il a été ce pasteur qui savait guider ses brebis dans les pas de la sainteté. J’espère que mes scouts et moi n’oublierons jamais la richesse de ses enseignements.
Je me souviendrai également de l’accueil extrêmement chaleureux des parents de scouts. Souvent cités comme la terreur des chefs de troupe, ils n’ont pas fait honneur à leur « réputation ». Plus que les remercier, je tiens à dire que les réussites de mon année de chef de troupe sont à vrai dire les leurs. Elles se sont concrétisées notamment pendant les camps.
Nous avons eu la chance de parcourir les deux principales mers qui entourent notre Patrie charnelle : la Méditerranée pendant un camp de Pâques où la Royale nous a très courtoisement fait visiter un de ses fleurons, la frégate Lafayette ; et l’Atlantique pendant notre camp d’été en pays de Surcouf et des corsaires. Ces camps ont marqué ma vie d’homme, comme cette troupe a marqué ma vie de Chrétien.
Odoric PORCHER : le premier chef procréé par cette troupe– Automne 2006 – Automne 2007
C'est une troupe en pleine forme que j'ai eu la chance de récupérer à la suite de Louis de Sivry à l'automne 2006. Premier chef de troupe à être également passé par ses rangs, ce n'était pas pour moi une tâche insurmontable puisque je connaissais déjà la boutique depuis un petit moment. J'obéissais ainsi scrupuleusement aux instructions de M. l'abbé Boubée qui m'avait déclaré en plaisantant un an plus tôt, sachant que si je réussissais mon concours je deviendrais du coup indisponible: "Tu n'as pas le choix, tu dois louper ton année!".
Mon seul problème était tout de même l'éloignement, étant à Saint-Cyr l'Ecole durant l'année et à Annecy durant les vacances : heureusement pour la Troupe, mon premier assistant, Jean Colas, était plus que disponible et dévoué pour remplir sur place toutes les petites tâches de conduite que je ne pouvais gérer à distance. Le Troupe se trouva tout de même largement "montagnardisée" durant cette année, autant du fait du camp HE effectué dans un refuge au pied du Roc du Vent, au-dessus du barrage de Roselend, que du camp de Pâques à Saint-Franc près de Chambéry, ou du camp d'été en Suisse (les mauvaises langues oseraient-elles me mettre sur le dos la décision de Philippe Colas de changer le bachi en tarte ?). Il est vrai aussi que l'excellent esprit qui a régné entre les chefs et au sein de la Troupe dans chacune de ces activités a laissé entrevoir un potentiel certain dans ce domaine.
Les activités se déroulèrent au cours de l'année sans problème majeur, entre les périodes de pensions des uns, les examens des autres, les coups de mains généreux des parents (que je remercie d'ailleurs très chaleureusement), et les différentes et habituelles tribulations pour trouver un lieu de camp où l'on ne serait pas trop ennuyé par la (beaucoup trop) bienveillante DDJS. La présence de l'abbé Boubée au séminaire d'Ecône fut donc primordiale pour trouver ce lieu, en pleine montagne, pas trop loin de la France, mais suffisamment de ses contraintes administratives. Notre camp s'effectuerait donc avec la Troupe Tom Morel de Genève, avec qui nous avons noué par ailleurs d'excellents rapports: le défi fut rude pour l'intendant, Pierre Porcher (la Troupe devenait presque une affaire de famille!), qui dut souvent résoudre une quadrature du cercle entre 55 bouches à nourrir, un magasin à plus d'une heure de route, et un raidillon de 300 m à grimper pour parvenir au Kraal. Mais les souvenirs ont largement été à la mesure des difficultés endurées! Le côté marin ne fut pas en reste avec une semaine de bateau sur le lac Léman, où, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la navigation est plus pointue que dans la Rance à laquelle nous avions été habitués les années précédentes. On pourra aussi souligner une ambiance excellente au sein de la maîtrise qui aida considérablement au déroulement de toute l'année, les chefs (Jean Colas, Ludovic et Pierre Porcher, Jean-Baptiste Nahan et moi-même) ayant été rejoins au camp d'été par Nicolas Legrier (ancien des Cadets de Paris), et deux séminaristes, messieurs les abbés Meugniot et Gabard.
Nous étions encore forts de cinq équipages (La Pérouse, Suffren, Colbert, Jean de Vienne, Florent de Varenne), mais cette période où nous avons été très décentralisés de Lyon nous a fait un peu perdre de vue l'aspect très important du recrutement, chose dont les actuels chefs pâtissent un peu, les effets s'en faisant ressentir en général deux ou trois ans après. Avec la fin de l'année et la passation de commandement à Jean Colas, nous vîmes aussi partir l'abbé Boubée, qui était resté aumônier de la Troupe durant 6 ans. Je pense que nous ne le remercierons jamais assez pour le travail de titan qu'il a effectué dans notre esprit scout aussi bien que dans nos âmes de chrétien. Mon seul regret au bout de cette année fut de ne pouvoir faire une deuxième année comme chef de troupe (CT), ayant réussi finalement mon concours.
Jean COLAS : le « cadet » des chefs de troupe – Automne 2007 – Automne 2009
Je reprends la troupe en septembre 2007 à la suite d’Odoric Porcher. Notre groupe scout comprend alors 4 équipages + 1 équipage libre à Reims.
L’année 2007-2008 est pour moi une année de découverte de mes nouvelles fonctions et je tiens à remercier l’abbé Boubée d’avoir été derrière moi car sans lui je ne pouvais rien. Les sorties se succèdent tant bien que mal, il faut jongler avec les sorties des écoles et je dois dire que ça n’ai pas toujours évident. Pour le camp de Pâque, la troupe prend place à st Try. Le camp est difficile pour notre maîtrise qui se retrouve avec 2 chefs (mon frère et moi), heureusement 2 séminaristes viennent nous prêter main forte, il s’agit de l’abbé Gabart et de Raymond. Ce camp m’a beaucoup apporté pour la suite.
Le camp 2008 se passe plutôt bien pour mon premier comme chef de troupe, malgré des équipages partis un peu en éclat du fait de quelques départs (un des équipages se retrouve à 4 pendant tout le camp) ; il a lieu en Bretagne avec une semaine de voile en début de camp avec les bateaux de la troupe de Lanvallay. Notre plus gros succès dans l’histoire des démâtages de la troupe : la maîtrise de Lanvallay débarque à 5h (alors que notre maîtrise s’était couchée à 4h après un démâtage réussi de la troupe de Bordeaux), ils capturent le scout de quart qui réussit à sortir un son de voix malgré les menaces de ses agresseurs. Deux des chefs sont alors réveillés : ni une ni deux, ils sautent dans leurs rangers et se mettent à la poursuite de nos chers visiteurs qui sont aussitôt accueillis par toute la troupe et finissent, en slip, à genoux autour du feu assumant les shampooings de terre / eau / paic citron des Lyonnais.
L’année qui suit est un peu chaotique ; nous passons de cinq à trois équipages après beaucoup de départs, notamment celui des cinq CE ; l’équipage de Reims est dissout pour manque d’effectif et de pratique et l’abbé Vassal prend la place de l’abbé Boubée dans la direction et l’aumônerie. Le camp HE qui a lieu dans les montagnes près de Grenoble, est marqué par un fait important. Un soir alors que nous étions autour de la table, un CE émet la chose suivante « et si on changeait la troupe en alpin ? Franchement on a l’aire de quoi avec nos bâchis en pleine montagne !!!!!!!! Et puis Lyon est plus de la mer que de la montagne, ce serait donc logique ». Le débat était lancé et dura pendant toute l’année qui a suivi. Un camp de Pâques très bref en raison des vacances.
Je décide de faire le camp d’été en Haute-Loire afin de changer un peu de cadre et de faire quelque chose de complètement différent pour mon dernier camp. Particularité de ce camp : il a lieu au même endroit que celui des louveteaux et des louvettes ; ce qui nous a amené à collaborer quelques peu avec les cheftaines (ça n’a pas été chose facile tout les jours). Durant ce camp, l’abbé et mon frère et successeur décident de remplacer nos chers pompons par des tartes ; malgré mes dissuasions fréquentes appuyées par l’abbé de Sivry qui nous avait rejoints pour le camp, ils finissent par adopter l’idée et la mettre en œuvre à la suite de la passation de pouvoir entre moi et mon frère Philippe le 27 septembre 2009.
Ces deux années en tant que jeune chef de troupe m’ont beaucoup apportés pour les années à venir. Je dois dire que ce fut une expérience inoubliable, et je remercie le ciel de m’avoir permis d’en arriver là.
Philippe COLAS : un nouveau départ – Automne 2009 …
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