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Le mot de l'Aumônier
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« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » : cette malédiction biblique qui suit la désobéissance originelle accompagne l’humanité ici-bas jusqu’à la fin du monde. Même notre état de rachetés par le sang du Christ ne nous y fait pas échapper. Face à cette nécessité, il nous reste une part de liberté dans le choix de notre profession, soit au moment des études, afin de choisir une voie qui nous mènera vers tel ou tel métier, soit même durant notre vie active, lorsqu’une reconversion s’impose. Essayons donc de dégager quelques principes qui peuvent nous aider lorsque la question du choix d’une profession se pose à nous.
Le choix d’un métier.
Pour bien résoudre cette question, rappelons-nous quelles sont les finalités du travail. Le but ultime, comme pour l’ensemble de nos actions, est de sauver notre âme en accomplissant la volonté de Dieu. Rien dans notre vie ne doit échapper à cette orientation fondamentale de tout notre être vers Dieu, y compris les actions les plus communes : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (I Cor X, 31). Nous ne pouvons donc choisir un métier qui nous imposera des actions malhonnêtes ou nous empêchera de servir Dieu. Celui qui a un métier tel qu’il ne peut jamais sanctifier le dimanche, ou qui le rend coopérateur d’avortements, ou qui l’oblige à user de fraude et de mensonge doit changer au plus vite d’activité professionnelle. Mieux vaut quelques mois de chômage et une reconversion difficile que de risquer le salut de son âme sous prétexte d’un emploi sûr et lucratif : celui qui préfère son champ ou son atelier au Christ n’est pas digne d’être son disciple. Les finalités plus immédiates du travail professionnel peuvent s’énumérer ainsi : - subvenir à ses besoins matériels, à ceux de sa famille, s’assurer une certaine sécurité face aux adversités, à la maladie, à la vieillesse ; - développer les facultés physiques, intellectuelles, morales que Dieu nous a données ; - agir sur son entourage professionnel en donnant le témoignage de notre vie chrétienne. De ces finalités, nous pouvons tirer les quelques principes suivants :
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Réflexions sur la loi scoute V
Le 3ème principe :
Le devoir du scout commence à la maison
Après les deux premiers principes, qui nous parlent de la fierté d’être catholique et de l’amour de la patrie, voici que nous retombons dans des considérations bien terre à terre avec ce devoir du scout qui commence à la maison. Et pourtant ce principe a été rajouté à la loi scoute de manière fort judicieuse afin de nous éviter une monumentale erreur : celle qui consiste à vivre en scout uniquement lorsque nous en avons l’uniforme et de ne rien laisser transparaître de scoutisme quand nous sommes en civil.Tu seras donc scout également à la maison, à l’école, à l’atelier, dans la vie de tous les jours. Ta loi scoute, tu l’appliqueras dans toutes ces circonstances, ta promesse, tu y seras fidèle chaque jour que Dieu nous donne. Mais expliquons d’abord quel est ce devoir qui commence à la maison. Il s’agit de notre devoir d’état, c’est-à-dire de l'ensemble des obligations, des travaux, des tâches qui nous incombent dans les circonstances concrètes de notre vie. Une mère de famille aura comme devoir d’état d’élever ses enfants, de maintenir propre sa maison, de préparer les repas pour la famille ; un père de famille cumulera ses obligations professionnelles avec sa part de responsabilités à la maison ; un prêtre aura la charge de réciter son bréviaire, d’offrir le sacrifice de la messe et de s’occuper de ses fidèles. Si le devoir d’état change suivant les situations et les âges de la vie, il n’en reste pas moins très répétitif, ce qui le rend parfois pesant, peu exaltant. Nous rêvons de sauver la Chrétienté (du moins je l’espère) et Dieu nous demande d’enfiler sept heures de cours par jour avec les devoirs en conséquence, pour supporter ensuite des petits frères qui ne pensent qu’à tout déranger et des parents qui ne comprennent rien à rien. Et pourtant, c’est par notre devoir d’état accompli avec charité que nous nous sanctifions. Comme le disait en substance Guy de Larigaudie : il est aussi beau d’éplucher des pommes de terre pour l’amour de Dieu que de bâtir des cathédrales. Pensons à la sainte Vierge qui se sanctifia à chaque moment de son existence non en accomplissant des actions d’éclat mais en se soumettant avec amour à son devoir d’état, ou à Notre Seigneur qui avant de prêcher pendant trois ans a vécu trente ans à Nazareth dans la discrétion, en travaillant dès qu’il le put comme un humble charpentier. Comme l’enseigne Dom Marmion : « On ne s’élève pas vers Dieu par des plaintes stériles sur le passé ni par de beaux projets d’avenir, mais par l’accomplissement, à chaque heure du jour, du devoir actuel ».Ce devoir d’état, loin d’interdire les vastes projets et d’étouffer les grands désirs, prépare petit à petit ce terreau de vie vertueuse, d’amour du sacrifice qui nous permettra de réaliser de grandes choses si Dieu nous y appelle. Mais il est inutile d’aspirer aux fonctions d’éclat si par une persévérante discipline de vie nous n’avons pas disposé notre âme. Celui qui ne sait pas faire son lit le matin et paresse à la place de se mettre courageusement à son problème de maths, n’aura pas la constance nécessaire dans les situations d’exception. L’héroïsme se prépare par l’humble labeur quotidien, accompli avec un vaste amour de Dieu et du prochain.
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